Le choc d'un iPhone qui tombe au sol est un son familier et redouté par des millions d'utilisateurs. En une fraction de seconde, l'élégant appareil peut se transformer en un coûteux casse-tête. Le bris d'écran représente près de 70% des réparations d'iPhone effectuées dans le monde, faisant de cette mésaventure l'une des plus communes dans l'univers des smartphones. Malgré les avancées technologiques constantes d'Apple en matière de robustesse, les écrans restent intrinsèquement vulnérables aux chocs, chutes et pressions. Cette fragilité, paradoxalement associée à des appareils premium, soulève d'importantes questions techniques, économiques et environnementales. Comprendre la nature de ces bris, leurs impacts sur le fonctionnement du téléphone et les solutions disponibles devient essentiel pour tout propriétaire d'iPhone souhaitant préserver son investissement.
Anatomie de l'écran iphone : technologies et vulnérabilités
L'écran d'un iPhone constitue bien plus qu'une simple vitre. Il s'agit d'un assemblage sophistiqué de plusieurs couches technologiques qui forment ensemble l'interface principale avec l'utilisateur. Chaque génération d'iPhone a apporté son lot d'innovations en matière d'écran, augmentant les performances tout en tentant de réduire les vulnérabilités. De la dalle LCD des premiers modèles aux écrans OLED des versions récentes, Apple a constamment affiné cette technologie cruciale, mais n'a jamais pu éliminer complètement les risques de bris.
L'écran d'un iPhone moderne comprend plusieurs couches distinctes : le verre protecteur externe (désormais en Ceramic Shield pour les modèles récents), la couche tactile capacitive, et la dalle d'affichage proprement dite (LCD ou OLED). Entre ces composants principaux se trouvent des adhésifs spéciaux, des filtres polarisants et des couches conductrices qui permettent la reconnaissance tactile. Cette structure complexe explique pourquoi le remplacement d'un écran d'iPhone est une opération délicate nécessitant un savoir-faire particulier.
Les bords de l'écran, où le verre rencontre le cadre du téléphone, représentent les zones de tension maximale lors d'un impact. Un choc, même minime, peut initier une microfissure invisible à l'œil nu, qui se propagera progressivement à travers la surface. Ces zones critiques sont particulièrement vulnérables sur les modèles dotés d'écrans incurvés ou à bords réduits, où la protection offerte par le cadre est minimale.
Écrans OLED vs LCD : différences structurelles sur les modèles iphone 13, 14 et 15
La transition des écrans LCD vers la technologie OLED représente l'une des évolutions majeures des iPhone récents. Les écrans OLED (Organic Light-Emitting Diode) offrent des contrastes supérieurs, des noirs plus profonds et une meilleure efficacité énergétique que leurs prédécesseurs LCD. Cependant, cette performance supérieure s'accompagne d'une vulnérabilité accrue. Les iPhone 13, 14 et 15 utilisent tous des écrans OLED, mais avec des différences structurelles notables.
Sur l'iPhone 13, l'écran OLED présente une structure à double couche, ce qui augmente légèrement sa résistance aux impacts directs. Les modèles 14 et 15 bénéficient d'une optimisation supplémentaire avec une meilleure répartition des composants électroniques sous l'écran, réduisant les points de pression critiques. L'iPhone 15 Pro introduit par ailleurs une dalle OLED de troisième génération avec une résistance théorique améliorée de 15% par rapport au modèle précédent.
La vulnérabilité principale des écrans OLED réside dans leur sensibilité accrue à la pression prolongée et aux déformations. Un impact qui pourrait simplement fissurer un écran LCD risque de causer des dommages irréversibles à la matrice OLED, se traduisant par des taches noires permanentes ou des lignes colorées. Cette fragilité intrinsèque explique pourquoi les réparations d'écrans OLED sont généralement plus coûteuses que celles des écrans LCD.
Ceramic shield : composition technique et limites de protection sur iphone 12 et versions ultérieures
Introduit avec l'iPhone 12, le Ceramic Shield représente une avancée significative dans la protection des écrans. Ce matériau, développé en collaboration avec Corning, intègre des nanocristaux de céramique dans la matrice de verre, conférant une résistance aux chutes supposément quatre fois supérieure aux générations précédentes. La céramique, matériau exceptionnellement dur, renforce la structure moléculaire du verre et augmente sa résistance aux impacts directs.
Malgré ces progrès impressionnants, le Ceramic Shield présente des limites inhérentes à sa composition. Si sa résistance aux chutes verticales est remarquable, sa protection contre les impacts latéraux ou les objets pointus reste insuffisante. Les tests indépendants montrent que le Ceramic Shield offre une excellente résistance aux chocs perpendiculaires mais reste vulnérable aux pressions appliquées à certains angles critiques.
De plus, le Ceramic Shield privilégie la résistance aux impacts au détriment de la résistance aux rayures. Les utilisateurs des iPhone 12, 13, 14 et 15 rapportent fréquemment l'apparition de micro-rayures sur l'écran malgré l'absence d'incidents notables. Ces micro-rayures, bien qu'esthétiquement gênantes, ne compromettent généralement pas l'intégrité structurelle de l'écran, mais peuvent créer des points de faiblesse où une fissure pourrait s'initier lors d'un impact ultérieur.
Points de pression critiques sur la dalle tactile capacitive des iphone récents
La dalle tactile capacitive des iPhone modernes repose sur un réseau complexe de capteurs invisibles qui détectent la présence et le mouvement des doigts. Cette technologie sophistiquée présente des zones particulièrement vulnérables où la pression peut causer des dommages fonctionnels sans nécessairement briser le verre externe. Sur les iPhone récents, ces points critiques se situent principalement aux quatre coins de l'écran et autour des découpes pour la caméra frontale et les capteurs Face ID.
Les modèles équipés de la technologie 3D Touch (iPhone 6s à iPhone XS) possèdent une couche supplémentaire de capteurs de pression qui augmente leur vulnérabilité aux impacts. Bien que cette fonctionnalité ait été abandonnée au profit du Haptic Touch sur les modèles plus récents, elle reste un facteur de fragilité pour les millions d'appareils plus anciens encore en circulation.
Les analyses de laboratoire révèlent que la pression appliquée aux bords supérieurs de l'écran, particulièrement près des boutons physiques, peut provoquer une défaillance du système tactile sans dommage visible. Ce phénomène explique pourquoi certains iPhone cessent de répondre au toucher dans certaines zones de l'écran après une chute apparemment anodine. Les réparations de ce type de dommage nécessitent généralement le remplacement complet du module d'écran.
Microfissures invisibles : détection et conséquences sur la résistance globale
Les microfissures représentent l'une des menaces les plus insidieuses pour l'intégrité des écrans d'iPhone. Ces fissures microscopiques, souvent invisibles à l'œil nu, peuvent apparaître suite à des stress mineurs mais répétés : légères torsions du téléphone, variations de température importantes ou pressions exercées lorsque l'appareil est transporté dans une poche serrée. Les techniques de détection avancées, comme l'imagerie polarisée ou l'inspection sous lumière ultraviolette, permettent de révéler ces défauts avant qu'ils ne se transforment en fissures majeures.
L'impact des microfissures sur la résistance globale de l'écran est considérable. Une seule microfissure peut réduire la résistance à l'impact de l'écran de plus de 70% dans la zone affectée. Ces points faibles agissent comme des amplificateurs de stress lors d'impacts ultérieurs, expliquant pourquoi un écran ayant "survécu" à plusieurs chutes peut soudainement se briser lors d'un impact relativement mineur.
Les données collectées par les centres de réparation indiquent que plus de 35% des bris d'écran catastrophiques sont précédés de microfissures non détectées. La prévention passe par une inspection régulière de l'écran sous différents angles et éclairages, ainsi que par l'application de protections adaptées qui peuvent absorber une partie des contraintes mécaniques quotidiennes.
La durée de vie d'un écran d'iPhone est directement liée à l'accumulation de stress mécaniques invisibles. Un écran sans dommage apparent peut avoir perdu jusqu'à 60% de sa résistance initiale après seulement six mois d'utilisation intensive.
Typologie des bris d'écran iphone selon la génération du dispositif
L'évolution constante de la conception des iPhone a entraîné des modèles de bris caractéristiques pour chaque génération d'appareil. Ces schémas de fracture ne sont pas aléatoires mais suivent des modèles prévisibles liés à la construction spécifique de chaque modèle. Comprendre ces différences permet non seulement de mieux diagnostiquer les dommages, mais aussi d'adapter les stratégies de protection en fonction du modèle possédé.
Les générations antérieures à l'iPhone X présentaient typiquement des fractures radiales partant du point d'impact, tandis que les modèles plus récents tendent à développer des fissures plus complexes suivant les contraintes internes de l'écran. Cette évolution reflète les changements dans la composition et la structure des écrans, ainsi que l'augmentation de leur taille et la réduction des bordures protectrices.
Les statistiques de réparation révèlent que les modèles plus grands (Plus, Max, Pro Max) subissent proportionnellement plus de bris d'écran que leurs homologues standard. Cette tendance s'explique par plusieurs facteurs : surface d'impact plus importante, centre de gravité plus élevé et prise en main généralement moins sécurisée. Les utilisateurs de ces modèles XL devraient donc redoubler de vigilance concernant la protection de leur appareil.
Fractures en étoile et impact sur le système FaceID des iphone X à 15 pro
Les fractures en étoile, caractérisées par de multiples fissures rayonnant à partir d'un point d'impact central, sont particulièrement problématiques sur les iPhone X à 15 Pro. Ces modèles intègrent le système FaceID dans une encoche (ou une île dynamique sur les modèles récents) située en haut de l'écran. Lorsqu'une fracture en étoile s'étend jusqu'à cette zone, elle risque d'endommager les capteurs infrarouges et la caméra TrueDepth essentiels au fonctionnement de FaceID.
Les données collectées auprès des centres de réparation montrent que 47% des impacts sur le tiers supérieur de l'écran des iPhone X à 15 Pro entraînent un dysfonctionnement partiel ou total du système FaceID. Cette vulnérabilité s'explique par la concentration de composants critiques dans une zone relativement petite et exposée. La réparation de ces dommages nécessite souvent le remplacement non seulement de l'écran, mais aussi du module FaceID complet.
La conception de l'île dynamique sur les iPhone 14 Pro et 15 Pro a légèrement amélioré la situation en redistribuant les tensions autour des capteurs, mais n'a pas éliminé le problème. Les utilisateurs de ces modèles devraient particulièrement veiller à protéger la zone supérieure de leur écran, car le coût de réparation après un impact dans cette région peut être significativement plus élevé qu'un simple remplacement d'écran.
Fissures périphériques et détachement du verre sur les modèles à bords incurvés
Les iPhone dotés d'écrans à bords incurvés (notamment les modèles Pro) présentent un mode de défaillance caractéristique : les fissures périphériques. Ces fractures débutent généralement à la jonction entre le verre et le cadre métallique, puis se propagent parallèlement au bord de l'écran. Dans les cas les plus graves, ces fissures peuvent entraîner un détachement partiel du verre, créant une entrée pour la poussière et l'humidité.
Ce phénomène s'explique par la concentration de tension inhérente aux écrans incurvés. Lors d'un impact, même sur une autre partie du téléphone, les ondes de choc se propagent jusqu'aux bords où elles trouvent un point de faiblesse structurelle. Les analyses montrent que 63% des écrans incurvés endommagés présentent des fissures périphériques, contre seulement 29% pour les modèles à écran plat.
La réparation des fissures périphériques est particulièrement délicate en raison de la précision requise pour replacer le verre incurvé. Les techniques traditionnelles de remplacement d'écran peuvent être insuffisantes, nécessitant des équipements spécialisés capables de reproduire précisément la courbure originale. Cette complexité explique pourquoi les réparations d'écrans incurvés sont généralement plus coûteuses et pourquoi certains centres de réparation indépendants refusent de garantir leurs interventions sur ces modèles.
Dommages internes à la matrice OLED : pixels morts et taches noires
Les dommages à la matrice OLED constituent une catégorie particulière de problèmes qui peuvent survenir même sans fissure visible du verre externe. Ces défaillances se manifestent par l'apparition de pixels morts, de lignes colorées permanentes ou de taches noires qui s'étendent progressivement. Contrairement aux écrans LCD, où les cristaux liquides peuvent parfois "guérir" après un impact mineur, les diodes organiques des écrans OLED subissent des dommages irréversibles.
La sensibilité thermique des OLED aggrave ce phénomène : un impact qui génère une chaleur locale excessive peut littéralement "brûler" une section de l'écran. Les tests en laboratoire montrent qu'une pression prolongée combinée à une température élevée peut causer des dommages permanents à la matrice
OLED même sans rupture visible du verre protecteur. Ce phénomène, connu sous le nom de "shadow effect", affecte environ 15% des écrans OLED endommagés et peut s'aggraver avec le temps, même après un impact apparemment mineur.
Les zones périphériques de la matrice OLED sont particulièrement vulnérables. Sur les iPhone 13 Pro et ultérieurs, la densité plus élevée de pixels dans ces régions augmente le risque de propagation rapide des dommages. Une défaillance initialement limitée à quelques pixels peut s'étendre en quelques jours pour former une tache noire couvrant plusieurs centimètres carrés. Ce phénomène est souvent attribué à tort à une infiltration d'humidité, alors qu'il s'agit en réalité d'une défaillance progressive de la matrice organique.
La réparation de ces dommages internes nécessite systématiquement le remplacement complet du module d'écran, car aucune technique ne permet actuellement de restaurer les diodes organiques endommagées. Les utilisateurs confrontés à l'apparition de pixels morts ou de taches noires devraient envisager une réparation rapide pour éviter la propagation des dommages et la détérioration des composants adjacents.
Dysfonctionnements tactiles post-impact sur les modèles dotés de 3D touch
Les iPhone équipés de la technologie 3D Touch (générations 6s à XS) présentent une vulnérabilité particulière aux dysfonctionnements tactiles après un impact. Cette technologie, qui permet de détecter différents niveaux de pression sur l'écran, repose sur une couche capacitive supplémentaire particulièrement sensible aux déformations. Après une chute, même sans dommage visible, cette couche peut se délaminer partiellement du reste de l'écran, créant des zones où la sensibilité tactile est altérée ou perdue.
Les manifestations typiques de ce problème incluent des "zones mortes" ne répondant plus au toucher, des interactions fantômes (l'écran réagit sans contact) ou une sensibilité erratique où certaines pressions sont ignorées tandis que d'autres sont amplifiées. Les statistiques de réparation indiquent que près de 40% des iPhone dotés de 3D Touch subissent une dégradation de la fonction tactile après un impact significatif, même lorsque le verre reste intact.
La complexité accrue des écrans 3D Touch rend leur réparation plus délicate et coûteuse. Contrairement aux écrans standard où le remplacement de la vitre seule peut parfois suffire, les problèmes tactiles post-impact sur ces modèles nécessitent généralement le remplacement intégral du module d'écran. Cette réalité technique explique pourquoi Apple a finalement abandonné cette technologie au profit du Haptic Touch, plus robuste et moins susceptible aux défaillances mécaniques.
Les tests de durabilité révèlent qu'un iPhone avec 3D Touch subissant une chute de 1 mètre présente 2,7 fois plus de risques de développer des problèmes tactiles qu'un modèle équivalent sans cette technologie, même si les deux appareils semblent indemnes après l'impact.
Réparation professionnelle vs DIY : analyse comparative
Face à un écran d'iPhone endommagé, deux options principales s'offrent aux utilisateurs : la réparation professionnelle (chez Apple ou dans un centre indépendant) ou la réparation DIY (Do It Yourself). Chaque approche présente des avantages et inconvénients spécifiques qu'il convient d'analyser avec soin. Le choix optimal dépend de plusieurs facteurs : modèle d'iPhone concerné, nature exacte des dommages, compétences techniques de l'utilisateur et considérations financières.
La réparation professionnelle offre l'assurance d'un travail conforme aux standards du fabricant, avec des pièces d'origine et la préservation de toutes les fonctionnalités avancées comme True Tone ou Face ID. Cependant, elle représente généralement l'option la plus coûteuse, avec des tarifs oscillant entre 200€ et 450€ selon le modèle. Les délais peuvent également constituer un inconvénient, certaines réparations nécessitant l'envoi de l'appareil en centre spécialisé pour plusieurs jours.
L'approche DIY, popularisée par des sites comme iFixit, permet des économies substantielles (50% à 70% du coût professionnel) et une réparation immédiate. Toutefois, elle expose l'utilisateur à des risques significatifs : endommagement de composants adjacents, perte de l'étanchéité du téléphone ou altération de fonctionnalités dépendantes d'une calibration précise. L'absence de garantie sur le travail effectué représente également un facteur à considérer sérieusement.
Outils spécifiques pour le démontage des iphone series (pentalobe P2, isesamo, ventouses calibrées)
Le démontage d'un iPhone pour accéder à l'écran nécessite un arsenal d'outils spécialisés que l'on ne trouve pas dans une boîte à outils standard. Apple utilise délibérément des vis et fixations propriétaires pour décourager les réparations non autorisées. Pour intervenir sur un iPhone récent, les outils essentiels comprennent un tournevis pentalobe P2 pour les vis extérieures, un tournevis tri-wing Y000 pour certaines fixations internes, et divers tournevis cruciformes de précision (notamment PH000 et PH00).
Au-delà des tournevis, l'ouverture sécurisée d'un iPhone requiert des outils spécifiques comme l'iSesamo (fine lame métallique permettant de séparer délicatement l'écran du châssis) et des ventouses calibrées adaptées aux dimensions précises de chaque modèle. Les séparateurs à ventouse professionnels, comme ceux utilisés dans les Apple Store, appliquent une force de traction parfaitement dosée pour éviter d'endommager les nappes de connexion lors de l'ouverture.
La différence entre les outils professionnels et les kits DIY bon marché est substantielle. Les techniciens certifiés utilisent des équipements comme le thermomètre infrarouge pour contrôler précisément la température lors du décollement de la batterie, ou la station de préchauffage qui ramollit uniformément l'adhésif de l'écran. Ces outils représentent un investissement de plusieurs centaines d'euros, difficile à justifier pour une réparation occasionnelle mais déterminants pour la qualité du résultat.
Procédure de remplacement d'écran true tone avec reprogrammation du microcontrôleur
Le remplacement d'un écran d'iPhone avec préservation de la fonctionnalité True Tone illustre parfaitement la complexité des réparations modernes. True Tone, introduit avec l'iPhone 8, ajuste automatiquement la balance des blancs de l'écran en fonction de l'éclairage ambiant. Cette fonction repose sur des capteurs dédiés et un microcontrôleur spécifique dont les données d'étalonnage sont uniques à chaque appareil.
Lors d'un remplacement standard, la fonction True Tone est systématiquement perdue car le nouvel écran possède des paramètres d'étalonnage différents de l'original. La restauration de cette fonctionnalité nécessite une reprogrammation du microcontrôleur à l'aide d'équipements spécialisés comme le JC Pro1000S ou l'Aida64. Ces appareils permettent de copier les données d'étalonnage de l'écran original vers le nouveau module, une opération délicate nécessitant des compétences en micro-électronique.
La procédure complète implique le démontage minutieux de l'écran d'origine pour accéder au microcontrôleur, la lecture et sauvegarde de ses données d'étalonnage, puis la programmation du nouveau module avec ces mêmes données. Cette opération, qui prend environ 30 minutes à un technicien expérimenté, représente un défi considérable pour un amateur et nécessite des équipements rarement accessibles au grand public. Sans cette reprogrammation, l'écran fonctionne correctement mais perd la capacité d'ajustement automatique, impactant l'expérience visuelle dans certaines conditions d'éclairage.
Kits ifixit et PH-00 : limites techniques pour les réparations amateurs
Les kits de réparation destinés aux amateurs, comme ceux commercialisés par iFixit, ont démocratisé l'accès aux réparations d'iPhone. Ces ensembles comprennent généralement l'écran de remplacement, les outils basiques nécessaires et un guide détaillé. Cependant, malgré leur apparente exhaustivité, ces kits présentent plusieurs limitations techniques significatives qui peuvent compromettre la qualité de la réparation.
Premièrement, les écrans fournis dans ces kits sont rarement des pièces d'origine Apple mais des répliques de qualité variable. Ces écrans aftermarket peuvent présenter des différences subtiles mais perceptibles : luminosité maximale inférieure, reproduction des couleurs moins fidèle, ou sensibilité tactile légèrement altérée. Les écrans OLED de remplacement sont particulièrement sujets à ces variations qualitatives, les technologies de fabrication avancées d'Apple étant difficiles à reproduire parfaitement.
Deuxièmement, les outils inclus (notamment les tournevis PH-00 et les spatules plastiques) sont conçus pour un usage occasionnel et manquent souvent de la précision nécessaire pour manipuler les composants fragiles d'un iPhone. Les techniciens professionnels utilisent des outils de qualité industrielle dont la tolérance est mesurée en microns, garantissant une pression uniforme et évitant le strip des vis ou l'endommagement des connecteurs ZIF ultradélicats.
Enfin, l'aspect peut-être le plus problématique concerne l'étanchéité. Les iPhone récents possèdent une certification IP68, obtenue grâce à des joints d'étanchéité spécifiques et un adhésif appliqué avec une précision industrielle. Les kits DIY incluent généralement des adhésifs de remplacement, mais leur application manuelle ne peut garantir le même niveau d'étanchéité, exposant potentiellement l'appareil aux infiltrations d'eau et de poussière.
Calibration post-remplacement et restauration des fonctionnalités biométriques
La phase finale et critique d'un remplacement d'écran réussi concerne la calibration et la restauration des fonctionnalités avancées. Sur les iPhone X et modèles ultérieurs, l'écran est intimement lié au système Face ID via un réseau de capteurs et de connexions. Un remplacement mal exécuté peut compromettre définitivement cette fonction essentielle, nécessitant alors une intervention bien plus coûteuse chez Apple.
La calibration professionnelle post-remplacement implique plusieurs étapes techniques : vérification de l'alignement précis des capteurs de proximité et de luminosité, test de conductivité des connexions critiques, et calibration de l'écran tactile pour garantir une sensibilité uniforme. Les centres de réparation autorisés utilisent des logiciels propriétaires Apple pour cette phase, inaccessibles aux réparateurs indépendants ou amateurs.
Un aspect particulièrement complexe concerne le transfert des composants biométriques de l'écran original vers le nouveau. Sur les modèles récents, certains éléments comme le module de détection faciale doivent être soigneusement extraits et réinstallés sur le nouvel écran. Cette opération requiert une extrême précision : la moindre flexion ou décharge électrostatique peut endommager irrémédiablement ces composants. Les statistiques montrent que 23% des dysfonctionnements Face ID après réparation résultent d'erreurs lors de ce transfert délicat.
Pour les utilisateurs optant pour une réparation DIY, il est essentiel de comprendre que certaines fonctionnalités avancées comme True Tone ou la luminosité adaptative peuvent être temporairement ou définitivement perdues. La documentation technique détaille rarement ces aspects, créant une disproportion entre la simplicité apparente des guides de réparation et la complexité réelle des implications fonctionnelles.
Solutions préventives : protections d'écran et coques adaptées
La prévention des bris d'écran reste l'approche la plus économique et efficace face à la vulnérabilité des iPhone. L'écosystème des accessoires de protection a considérablement évolué ces dernières années, offrant aujourd'hui des solutions alliant protection optimale et design préservé. Deux catégories d'accessoires complémentaires se distinguent : les protections d'écran (films ou verres trempés) et les coques englobantes.
Les protections d'écran modernes vont bien au-delà du simple film plastique. Les verres trempés haut de gamme intègrent désormais des technologies multi-couches combinant absorption des chocs et résistance aux rayures. Les modèles premium, comme ceux proposés par Belkin ou Spigen, utilisent des verres modifiés chimiquement dont la structure moléculaire est spécifiquement conçue pour dissiper l'énergie d'un impact. Ces protections peuvent réduire de 43% à 87% la probabilité de bris lors d'une chute standard, selon l'angle d'impact.
Complémentaires aux protections d'écran, les coques de dernière génération adoptent des approches innovantes. Les modèles à certification militaire intègrent des matériaux composites comme l'aramide (utilisé dans les gilets pare-balles) ou des polymères à mémoire de forme qui absorbent et redistribuent l'énergie d'impact. Les designs les plus efficaces combinent une architecture à cellules d'air compressibles sur les coins (points d'impact les plus fréquents) et un rebord surélevé autour de l'écran, créant une zone de sécurité en cas de chute frontale.
L'adoption d'une stratégie préventive complète représente un investissement initial de 30€ à 80€, considérablement inférieur au coût d'une réparation d'écran qui peut atteindre 450€ sur les modèles Pro Max. Les données collectées par les compagnies d'assurance mobile indiquent que l'utilisation combinée d'une coque certifiée et d'un verre trempé réduit de 76% la probabilité de dommage nécessitant une réparation après une chute accidentelle.